Histoire du Coaching

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Ethymologie du vocable  « Coach »

Le terme « coach », anglo-saxon, dérive du mot français « cocher », ce dernier issu lui-même du mot « kocsi » qui signifie diligence. Le « cocher » conduisait les voyageurs à leur destination.

Le coaching répond à un besoin d’accompagnement vers l’autonomie et l’auto-apprentissage. Le coach d’aujourd’hui mène ses coachés vers la réalisation concrète de leurs projets; cet accomplissement identifié comme une destination à atteindre.

 Le coaching, importé des Etats-Unis, est apparu en France dans les années 80 et 90; il s’inspire des grands concepts des sciences humaines.

Contexte social de l’émergence du coaching

Le terme « coach » est initialement employé au siècle précédent dans les domaines théâtral, lyrique et cinématographique. Il définit la notion d’accompagnateur d’artistes. Il sera ensuite utilisé dans le domaine de l’entraînement sportif, à dessein de préparer et de motiver l’athlète ou les équipes à améliorer leurs performances. Il sera alors adapté au monde de l’entreprise (coaching de personne ou d’équipe) et à la personne indépendamment de tout contexte professionnel (Life-Coaching).

Dans le contexte du monde de l’entreprise, les théories des organisations définies par Henri Fayol (1916) et Frederick Taylor (1911), d’approches respectives hiérarchiques et fonctionnelles, ont été plus tard controversées par les expériences réalisées par Elton Mayo (1930). Cette dernière favorisait le climat psychologique comme déclencheur des performances des travailleurs. On pourra citer l’expérience sociologique d’Hawthorne, démontrant que l’accroissement de la productivité des ouvrières de l’usine d’Hawthorne ne dépendait pas des conditions de travail appliquées mais de l’intérêt porté à ces dernières indépendamment de toute amélioration du confort de travail, des allongements ou réductions d’horaires de travail. Elton Mayo marqua ainsi une première rupture avec le modèle taylorien et son approche de l’intérêt individuel, favorisant l’esprit d’équipe, la communication et l’écoute hiérarchique.

Dans le prolongement de cette approche, la pyramide des besoins de Maslow (1940) définit une hiérarchie mettant l’accent sur les caractères sociaux et leurs importances dans le monde de l’entreprise, s’opposant également à Taylor, concentré sur les besoins physiologiques des travailleurs, base de la pyramide de Maslow. Mintzberg (1973) appréhendera les phénomènes de pouvoir et de conduite du changement en s’opposant à Fayol et démontrant que le dirigeant doit notamment user de ses relations interpersonnelles pour s'informer et pour agir intégrant le fait qu'au sein de toute structure réside jeux d’influence et de pouvoir en constante évolution.

Le coaching, de sa naissance à nos jours

Le « coaching » vient de la maïeutique définie par Socrate au Ve siècle avant Jésus Christ. Socrate affirme que « l’âme de chaque personne est enceinte et qu’elle désire accoucher » et que ses disciples « n'ont jamais rien appris de (lui) et qu'ils ont eux-mêmes trouvé en eux et enfanté beaucoup de belles choses. Mais s'ils en ont accouché, c'est grâce à Dieu et à (lui) ». Le rapprochement au terme « coaching » est souligné par le processus de communication et d’écoute qui révèle le coaché à lui-même.

Mentor dans la mythologie grecque éduquant le fils d’Ulysse, Aristote en 322 avant Jésus Christ précepteur d’Alexandre le Grand, les fous des seigneurs et écrivains publics au moyen-âge; tous ces personnages se rapprochaient du rôle de « coach » permettant à autrui de se révéler à soi-même.

Dans les années 1950 à 1960, les « conseillers et mentors » de stars américaines tiennent le rôle précurseur de coachs d’artistes tout comme les entraîneurs sportifs qui se penchent sur l’amélioration des performances de leurs joueurs ou équipes, réalisant l’impact de ce travail sur le mental. Timothy Gallwey affirmera que le principal adversaire du sportif n’était autre que lui-même.

Depuis 1980, le coaching a intégré le monde de l’entreprise, se penchant sur les problématiques rencontrées par les hauts dirigeants et les cadres.

A la fin des années 80, Vincent Lenhardt contribuera à importer les concepts de team-building et de coaching de dirigeants en France. Il jouera un rôle précurseur en ce sens.

Depuis 1990, le coaching se déploie et s’adresse également aux individus hors du contexte de l’entreprise (Life-Coaching).

Extrait de "Apports de l’intelligence émotionnelle sur la motivation d'équipe", Laubie, R. (2008). Mémoire de DESU Pratiques du Coaching, Paris VIII, sous la direction de Michel Moral.

3 commentaires

  1. Jean-Marc Lacôte on

    J’aime bien ce résumé. A rajouter que Tim Gallwey est le véritable déclencheur de la méthode et que son « fils spirituel », John Whitmore, en est le modélisateur technique. Son livre est, d’ailleurs, toujours le best-seller mondial sur le sujet depuis plus de 30 ans. Et de très, très loin…

    Ma femme, qui est certifiée par l’école de Vincent Lenhardt, a retrouvé tout Whitmore durant cette formation. Avec les interprétations et rajouts qu’il y a bien souvent entre une version originale et ses « traductions ».

    Aujourd’hui, il y a de multiples pratiques du coaching intégrant ou non des outils comme la PNL, la systémique,
    la psychologie clinique, l’AT, etc.

    Parfois, je m’interroge sur les écarts entre les « textes fondateurs » et la réalité des comportements de certains coachs, sur les pratiques américaines (ou d’ailleurs…) et notre/nos vision(s) française(s) du coaching.

    Mais, après tout, faut-il être dans la stricte orthodoxie ou appartenir à telle ou telle chapelle, pour produire de la performance ?

    Je pense que si le « client » progresse durablement, c’est la sanction positive de notre efficacité. « Coaching for performance » est le but comme le disent Gallwey et Whitmore : sinon pour faire quoi d’autre ?

    Au delà, il est vrai que les multiples pratiques gauloises du coaching posent d’autres problèmes. Mais ceci est une autre histoire…

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